L’épuisement que j’ai vécu s’est beaucoup manifesté par mon incapacité à gérer le stress, la pression, la responsabilité que je ressentais au moment de produire mon premier album. Évidemment, ce ne fut pas sans causer de dommages collatéraux. J’ose croire que nous sommes quelques-uns à avoir vécu ce moment où la colère prend toute la place et doit sortir d’une manière ou d’une autre. Il s’agit de trouver la bonne façon et le bon endroit. Heureusement, je me fâche très rarement contre les gens, mais je compense amplement contre les choses…
Quand même, il n’y a pas de grand secret caché entre les lignes de la pièce titre de l’album. Ne serait-ce qu’ici : « faire mon show ailleurs, crier sous un pont », une référence au film Cabaret, de Bob Fosse, dans lequel le personnage de Liza Minelli montre à son amoureux sa façon de se défouler en criant sous un viaduc. Il m’aurait fallu un gros viaduc… mais bon, au Québec, c’est une tactique un peu risquée.
« Brûler dehors » est aussi la première chanson que nous avons enregistrée au studio. Mon ami Stephan m’avait prêté quelques guitares et j’ai choisi sa guitare à résonateur (une guitare toute en métal) pour cette pièce, ainsi que pour plusieurs autres. C’est ce qui donne le son un peu rond, cacane de la guitare; il n’y a aucun autre effet. Et finalement, qui d’autre que David Bujold pour siffler aussi bien au milieu de la chanson; ce n’est pas sans rappeler le chant de l’égoïne, mais nous n’avions pas vraiment le temps d’apprendre à jouer de la scie.
Brûler dehors
Quand ça brûle trop fort en dedans
Que mes murs et mes poutres menacent de tout lâcher
J’voudrais que ça reste là, que ça me brûle juste moi
Que ça t’atteigne pas, que tu te brûles pas
Je me suis fâchée tellement fort, ça m’est sorti par les ongles
J’ai lancé des affaires, cassé des choses que je trouvais belles
Je t’ai brûlé de la patience
Le toupet pis la mèche, qui est plus ben ben longue
J’voudrais que tu m’entendes pas
Quand revivent les cendres de mes colères de pailles
Faudrait que je m’en aille
Faire mon show ailleurs, crier sous un pont
Je l’sais pas, mais tout ce qu’il faut pour pas brûler ce qui reste



