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On me demande souvent si j’écris les paroles ou la musique d’une chanson en premier. La plupart du temps, tout se passe en même temps. La mélodie et l’harmonie se dessinent avec les mots, l’ambiance. Pour « T’as voulu », c’est d’abord la musique qui est venue, et je savais depuis le début que les mots qui l’accompagneraient parleraient de cette terrible détresse qu’est la pensée suicidaire. Ce sujet délicat et sensible a pris du temps à me venir en mots, parce que je craignais que le texte vienne gâcher la douceur de la musique et le bien qu’elle me faisait.

Il y a des chansons qui prennent du temps à écrire. Elles mijotent à l’abri, soit dans un cahier de notes, soit dans une tête, soit dans l’air… À un certain moment, je ne sais pour quelle raison, la chanson est cuite. Elle sort. Soit d’un coup, soit par coups. Mais elle sort.

« T’as voulu » vient d’un appel à l’aide qui a mis du temps à se faire entendre, et de la colère qui a pris place quand je l’ai finalement entendu, presque trop tard. Existe-t-il une bonne façon de réagir quand un être cher n’a plus rien pour s’agripper ? Je ne crois pas. Il y a la douleur, le contrecoup… puis, dans ce cas-ci, il y a l’amour, le très grand amour qui se resserre pour boucher les trous.

http://www.suicideactionmontreal.org/

http://www.fondationdesmaladiesmentales.org/

 

T’AS VOULU

T’as voulu, t’as voulu
T’as voulu partir de nous
T’as dessiné tes plans comme tu décides tes romans

T’as pas pu, t’as pas pu
T’as pas pu partir de nous
Endormi dans l’auto, un courant d’air de trop ?

T’as voulu, t’as voulu
Je t’en veux d’avoir voulu
Derrière tes yeux absents, les mains sur le volant
Dans le fond je m’en veux autant

Si tu savais tout c’que j’ai pu écrire sur toi
C’que j’aurais donné pour être dans tes bras
T’avais la vie en morceaux pis j’ai rien vu
Dans ma longue vue, j’ai pas vu ta dérive
J’aurais même pas pu te dire va-t’en pas…

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