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Quand on enregistre un album, il arrive parfois qu’une chanson se glisse à la toute dernière minute, comme un dernier sursaut; l’enregistrement débloque des mots, des musiques qui n’attendaient que l’urgence pour émerger, et ça y est, une pièce naît, et on veut qu’elle coiffe l’album qui se concrétise.

La mort de mon oncle quelques mois avant d’entrer en studio m’a laissée muette devant mon habituel moyen d’expression. Il y a des peines qui doivent mijoter avant de se verbaliser, de s’extérioriser; celle-là en était une.

C’est quelques jours avant d’enregistrer que j’ai réussi à écrire les quelques paroles que j’arrivais à mettre sur cette triste perte; pour moi, pour ma famille, pour lui. Cette chanson, je la voulais simple, lumineuse, douce, courte. Elle m’a fait un immense bien, et j’ai immédiatement voulu qu’elle fasse partie de Brûler dehors, parce que c’est malheureusement le décès de mon oncle qui m’a ramenée à vouloir enregistrer ces chansons qu’il n’entendrait jamais.

Mon oncle Bruno avait dit un jour, en visite sur l’île Bonaventure, qu’il se marierait avec une Folle de Bassan; ces oiseaux ont la réputation de garder leur partenaire toute leur vie. Je l’imagine, envolé entre les vagues du Saint-Laurent, le vent entre les plumes. Pour lui, nous aurons tous été éternels.

 

Mon Fou de Bassan

Il s’est envolé, mon fou de Bassan
Sans même avertir le vent
Il ne viendra plus sur l’île

Il va nous manquer, le fou de Bassan
Il nous faisait rire tout le temps
Il ne viendra plus sur l’île

J’aurais voulu raconter son périple
Trouver les mots pour lui rendre hommage
Mais je n’ai rien qu’un trou muet dans le cœur

Il s’est envolé, mon fou de Bassan
Sans nous avertir
Il ne viendra plus sur l’île

 

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